La « vape », un plus pour les fumeurs dépendants

La « vape », un plus pour les fumeurs dépendants

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Tabacologie. Jeudi, c’est la journée mondiale sans tabac. L’occasion d’évoquer la cigarette électronique. Des médecins reconnaissent ses bienfaits pour arrêter de fumer.

« La cigarette électronique ? C’est un fait ! Les fumeurs s’en sont emparés. Pour arrêter de fumer ou réduire leur consommation, explique la docteure Véronique Le Denmat, tabacologue au CHU de Brest et présidente de la Coordination bretonne de tabacologie. 400 000 Français (*) ont arrêté de fumer du tabac grâce à ce dispositif, ce n’est pas rien ! »

La cigarette électronique, ou e-cigarette, ou vape, est apparue en France en 2010. Elle a connu une croissance fulgurante. Selon les études, elle compte entre 2 et 3 millions d’utilisateurs (contre 16 millions de fumeurs). Mais elle a aussi suscité de nombreuses interrogations concernant d’éventuels dangers. Sa pratique a connu une diminution entre 2014 et 2016.

« Aujourd’hui, on le sait, la cigarette électronique présente peu de dangers. Je la conseille y compris à des femmes enceintes ou des personnes cardiaques. C’est toujours beaucoup mieux que le tabac », affirme le professeur Jean-Dominique Dewitte, pneumologue au CHU de Brest, vice-président de la Société française de tabacologie.

Sa fumée n’est pas cancérigène contrairement à celle du tabac. « C’est surtout de la vapeur d’eau. » Les normes de fabrication ont progressé. Les produits utilisés sont de meilleure qualité.

Pas une solution miracle
Les arômes sont les mêmes que ceux de l’alimentaire. « Ils ne posent pas de problème, a priori, même si on retrouve de petites traces de formol. Mais rien par rapport aux « clopes ». » L’e-cigarette contient certes de la nicotine, responsable de la dépendance mais qui, au regard des connaissances actuelles, n’est « pas dangereuse, ni cancérigène, aux doses vendues ». L’inconnu concerne plutôt les effets à long terme, d’ici vingt à trente ans.

La cigarette électronique est une aide pour le sevrage du tabac. Mais, « elle n’est pas une solution miracle, précise le Pr Dewitte. À cinq ans, on obtient la même proportion de gens qui arrêtent avec la vape qu’avec les moyens classiques, comme les patchs. »

La vape est aussi un plus pour la santé des fumeurs très dépendants. Pour réduire leur consommation de cigarettes.

« On a introduit la notion de réduction des risques. Certains n’arrivent pas à arrêter le tabac, pour des raisons psychologiques ou organiques. Ils ont des récepteurs dans le cerveau qui fixent plus facilement la nicotine que d’autres. »

Mais, à long terme, qu’en est-il d’alterner le tabac et la cigarette électronique ? La docteure Véronique Le Denmat met en garde : « Il faut arrêter totalement la cigarette classique. Même si on réduit de 50 % sa consommation de tabac, il n’y a aucun bénéfice par rapport à la mortalité. Les années de tabagisme comptent plus que la consommation. »

Conclusion, pour la médecin : « C’est une aide, parmi d’autres. L’étape suivante, c’est d’arrêter totalement le tabac. »

(*) Selon le baromètre Santé de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la Santé) publié en 2014.

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